Quand on veut faire rimer gender avec rumeur...

Publié le par L'oiseau sur la branche

 

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Hier, rentrant d’un baptême (ma priorité du jour), avide de savoir comment s’était déroulée la manifestation à laquelle mes aînés participaient, je suis tombé sur l’antienne de Madame Bertinotti, ministre des familles dénonçant une France réactionnaire descendue dans la rue sur la foi de rumeurs condamnables… Attaquer l’école, c’est attaquer la République, diviser les Français. Le gender, c’est rien qu’une rumeur et ceux qui prétendent le contraire conspirent contre la République. Peillon, Valls, Vallaud-Belkacem nous le serinent depuis quelques jours.

Je venais de lire la veille Pour un ordre catholique d’Etienne Gilson et me revenait en mémoire ces phrases : « Dans l’esprit de nos gouvernants, la laïcité n’est pas un fait, c’est un idéal. Le devoir de l’Etat, tel qu’ils le comprennent, n’est pas d’assurer à chaque Français l’éducation que ses parents désirent pour lui, mais d’imposer à tous les jeunes Français l’éducation qu’eux-mêmes jugent la meilleure ». Ces mots de 1934 ont retrouvé une actualité brûlante. Et Gilson d’écrire : « l’Etat français (…) se dit neutre, et il serait excellent qu’il le fût, pourvu qu’il fût juste. Toujours est-il qu’il se considère en droit comme tel et que cela nous donne un autre droit, celui de discuter avec lui comme s’il l’était. Admettant donc le principe ou, si l’on préfère, le mythe, de sa neutralité, quels devoirs en résulte-t-il pour lui et quels droits en résulte-t-il pour nous ? »

Le devoir d’un Etat laïc, d’un Etat neutre, est de ne pas agresser les convictions morales de ses citoyens, de respecter le rôle éducatif des parents. Peu m’importe la place de « la théorie qui n’existe pas » dans la mise en place des ABCD de l’égalité[1]. Il est clair que ces programmes confondent égalité et identité, distinction pourtant fondamentale. Il est clair que cette confusion heurte une large partie de la population française et constitue en soi une grave sortie de route par rapport au principe de la neutralité idéologique de l’école qui s’engage ainsi sur la pente totalitaire de la rééducation des mœurs. On est loin du conseil donné par Jules Ferry aux instituteurs : « Vous n’avez à enseigner, à proprement parler, rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens […]. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ».

C’est donc la politique éducative menée par le gouvernement qui est une agression contre l’école républicaine. Elle est en outre une faute éducative lourde créant un conflit de loyauté chez l’enfant entre les parents et l’école. Personne n’a rien à y gagner.

Le droit des parents est de le leur dire par les moyens légaux qui sont à leur disposition.

 

 



[1] Ceci dit je ne crois pas un seul instant aux dénégations de Vincent Peillon à l’Assemblée Nationale : « L’Éducation nationale (…) refuse totalement la théorie du genre. Et elle refuse les instrumentalisations de ceux qui, venus de l’extrême droite négationniste, sont en train de vouloir répandre l’idée qui fait peur aux parents, et blesse les enseignants, que tel serait notre point de vue. Je veux très solennellement rassurer tous les parents de France : n’écoutez pas ceux qui veulent semer la division et la haine dans les écoles. » Voici deux analyses qui répondent à ces démentis. La première est signé par François-Xavier Bellamy, agrégé de philosophie et adjoint au maire de Versailles : link, la seconde est due au député Jean-Frédéric Poisson : link

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