Pourquoi le pouvoir socialiste a peur des Veilleurs.

Publié le par L'oiseau sur la branche

 

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Les veilleurs, ce sont ces jeunes gens et jeunes filles qui se rassemblent devant l'assemblée, pacifiquement, pour exprimer leur réprobation non-violente devant la société que des idéologues socialistes veulent imposer. Et qui finissent aux postes traités comme ne le sont pas des casseurs. link link


Un changement de civilisation a dit Madame Taubira. Elle l'a dit, elle le fait...


Mais une masse inerte est là à hausser les épaules et d'autres, qui pourtant n'ont pas toujours été inertes, disent : "ils est temps de passer à autre chose", sous-entendu ce n'est pas si grave. C'est que l'aveuglement -médiatiquement programmé- du peuple français est immense. Lorsque vous parlez de l'idéologie du gender, de la PMA, de la GPA, ils sourient gentiment et vous disent : ils ne feront jamais cela. Comme certains cathos de gauche, il y a un an me disaient à propos du mariage et de l'adoption homosexuels que c'était une promesse pour gagner quelques voix dans le Marais et que cette promesse serait vite enterrée.


Je ne peux m'empêcher de songer à ces phrases d'Edmund Burke dans sa lettre à François-Louis Thibault de Ménonville alors que la Révolution française basculait petit à petit dans la Terreur :


"Je me souviens bien, qu'à chaque époque de votre étonnante histoire, qu'à chaque scène de votre tragique représentation, lorsque les sophistes qui vous ont subjugués travaillaient à établir leurs principe destructeurs, lors même qu'ils les appliquaient à des résolutions formelles, il était à la mode de dire qu'ils n'avaient aucune intention d'exécuter ces déclarations dans leur rigueur. Cela a contribué à rendre l'opposition timide, à retarder et à ralentir les précautions ; en entretenant ces espérances, fallacieuses, les imposteurs trompèrent tantôt une classe d'hommes, tantôt une autre, de telle manière qu'aucun moyen de leur résister ne se trouva préparé quand ils se mirent à exécuter, avec barbarie, les plans enfantés dans leur imposture" (E. Burke , Lettre à un membre de l'Assemblée nationale sur la Révolution française et Rousseau). Et d'ajouter qu'il serait fou de ne pas faire confiance à nos ennemis lorsqu'ils nous font des déclarations d'hostilité. Quand Monsieur Valls nous dit qu'il est très déterminé. Nous devons lui faire confiance. Il leur faut abattre notre moral sur cette affaire pour n'avoir plus aucun obstacle au moment d'imposer PMA, GPA, contrôle intégral de l'éducation morale, euthanasie, libéralisation totale de la recherche sur l'embryon... C'est pourquoi il serait fou de s'imaginer que notre mobilisation passée suffit et qu'il est temps de passer à autre chose.


Oui, il s'agit d'entériner un changement de civilisation : le basculement dans une société où seul le matérialisme sera toléré, une société qui nie la nature dépendante de l'homme à son prochain pour le ramener à la seule dépendance de l'individu à l'Etat. Tous les corps intermédiaires ayant été petit à petit détruits alternativement par le jacobinisme et la moulinette d'un pseudo-libéralisme ramené aux seuls mécanismes du marché, il n'en reste qu'un à détruire : la famille...


J'en vois qui haussent les épaules. Et pourtant lorsque Madame Taubira nous dit qu'il ne suffit pas de mettre au monde un enfant pour être une mère, que veut-elle nous dire ? Que le lien familial peut sans cesse être remis en question par la volonté de l'homme. Et qui en fixera les normes sinon l'Etat tout-puissant ? Le plus froid des grands monstres froids... Ellul nous a mis en garde et beaucoup trop l'ignorent : "le centre du conflit est avec l'Etat et (...) il faut prendre une position radicale envers le monstre froid" (L'Idéologie marxiste chrétienne) Et derrière le Léviathan se frottent les mains tous ceux dont le seul souci est de faire du chiffre et qui trouveront enfin à l'abri de l'Etat un matériau propre à les satisfaire : une masse privée de toute attache affective et livrée par un désarroi dont les causes seront inconscientes à ses appétits : panem et circenses. Ne nous y trompons pas les hommes de l'Etat sont les mêmes que les hommes de la finance et les hommes du systéme médiatique. En France plus que partout ailleurs... Un exemple parmi tant d'autres (inutile d'évoquer LA concubine, ni Pierre Bergé, ni les finances de la campagne de François Hollande, tout cela est suffisamment connu) : qui, hier a déclenché par ses sarcasmes déplacés - il était censé rester neutre - la colère des députés de l'UMP dans l'hémicycle ? Laurent Vallée, directeur des affaires civiles et du sceau, futur secrétaire général de... Canal plus... Ben tiens... link 


Alors pourquoi les Veilleurs gênent-ils plus que tout le gouvernement ? Parce qu'ils n'entrent pas dans ses catégories, celles qu'il sait comprendre et qu'il sait traiter, il ne peut pas les réduire à une catégorie connue.


En bons matérialistes (Hervé Mariton a mille fois raison d'insister sur cette dimension des choses), en bons matérialistes nos gouvernants ne voient dans l'homme qu'un animal mu par ses passions, ses affects. Affects irraisonnés ou affects raisonnés...


Alors pour lui, il y a deux types d'ennemis à combattre et il cherche toujours à réduire ses adversaires à l'un de ces deux types.


Les affects raisonnés, ce sont les intérêts. Avez-vous remarqué comme l'homme de gauche a du mal à concevoir qu'on puisse être de droite autrement que par défense d'intérêts financiers ? Le premier ennemi, c'est donc celui qui pense à son porte-monnaie et le défend en votant UMP. Qu'on puisse avoir d'autres motivations lui échappe totalement...


Les affects irraisonnés, ce sont la haine et la peur. Nous sommes donc sensés être des homophobes en colère.


Lorsque nous manifestons avec l'UMP, l'UDI, le gouvernement comprend : combat politique classique, droite-gauche, et il sert son blabla... Mais ça ne passe plus parce que plus personne ne croit à la fable de la gauche qui défend les petits, les sans-grades. Gauche des pauvres contre droite des riches, cela fait au choix mourir de rire ou pleurer de désespoir... Et nous aurions bien tort de nous gêner : le combat est politique. Un immense merci aux députés de toutes tendances qui ont défendu nos positions. Dans le camp d'en face, je n'ai vu personne avoir d'états d'âme à politiser la question. 


La violence, ça l'arrange bien, on rentre dans la deuxième catégorie et les media s'y entendent bien. Une coupure par ci, une demie vérité par là, un montage en épingle, un amalgame préparé de longue date et enfoncé dans les esprits, un énorme mensonge parce que plus c'est gros, plus ça passe et voilà les manifestants réduits à une poignée de skin heads homophobes. Et le jeu du gouvernement est clairement d'ancrer cette idée dans les esprits comme l'a justement dit Tugdual Derville. link De là à penser que le gouvernement joue les pompiers pyromanes certains ne se gênent pas pour l'écrire link. Raison de plus pour ne pas tomber dans les pièges de gens qui n'ont retenu que l'écume de Machiavel...


Mais les veilleurs, que faire d'eux ? Le gouvernement en a peur, il ne veut pas qu'on les montre, parce que ce sont pour eux des monstres irréductibles, dans tous les sens du terme. Il ne peut pas les réduire à ses catégories.  Où est leur intérêt ? Où est chez eux la haine ? Où est chez eux la peur ? Le scout qui ne sommeille jamais loin en moi ne peut s'empêcher de penser en les voyant, en entendant ce chant de l'Espérance qui est devenu leur hymne, à la loi scoute : "Le scout est maître de soi : il sourit et chante dans les difficultés"...


C'est cette maîtrise de soi qui fait peur au gouvernement. Car qu'est-ce que cette maîtrise de soi, sinon le triomphe de l'esprit et parfois de l'Esprit sur les passions, sinon la douce maîtrise des désirs devenus serviteurs de l'âme en sa fine pointe, sinon la condition même de l'amour comme don de soi ? 


Cette maîtrise est une force. C'est la force de la liberté : celle qui a le courage de dire : non possumus, nous ne pouvons pas. Quoi que vous fassiez, notre conscience éclairée par l'Esprit nous conduira. Vous n'y avez pas accès.


 Cette maîtrise, cette non-violence, cet amour en définitive, c'est la réfutation en acte du matérialisme. 


Voilà ce que ne comprend pas notre adversaire mais qu'il pressent. Voilà ce qui suscite conversion... ou rage...


Voilà ce qui a un jour triomphé de l'Adversaire.


Je vais me coucher, une veilleuse à ma fenêtre.

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