Mariage pour tous, Manif pour tous, la gauche dans le déni du réel…

Publié le par L'oiseau sur la branche

            «  Celui qui doute que la neige soit blanche n’a qu’à regarder, celui qui doute du respect dû aux parents ne mérite qu’une bonne correction », ainsi parlait Aristote. Nous y sommes. D’aucuns auraient pu s’étonner, au regard de mes engagements, que je ne me sois pas exprimé sur la question du mariage de personnes de même sexe, que je ne sois pas entré dans ce débat sur ce blog. C’est tout simplement qu’à la suite d’Aristote et Blaise Pascal je considère qu’il y a dans toute démarche intellectuelle un certain nombre de principes, de vérités premières dont la démonstration est impossible parce qu’on ne peut démontrer une évidence, seulement la contempler. Que tout homme soit né d’un homme et d’une femme fait partie de ces évidences et c’est cela qu’on a toujours nommé mariage. C’est ce que veut remettre en question la majorité actuelle avec le soutien d’une petite partie de la droite décérébrée par le relativisme. A quoi bon discuter ? Pour discuter, il faut des principes communs ; là, il n’y en n’a pas. On se heurte à un déni du réel…


            Quant à l’adoption par des couples de même sexe ; à ses partisans, je demande juste une chose : asseyez-vous dans une cour de récréation et écoutez les enfants, prenez acte de leur cruauté (ah non, je ne fais pas partie de ceux qui idéalisent l’enfance !), de leur façon de se conduire avec celui qui est différent : noir chez les blancs, blanc chez les noirs, trop petit, trop grand, gros maigrichon, binoclard, roux même… Et si vous avez deux sous de jugeotte vous comprendrez que permettre à des couples de même sexe l’adoption, c’est condamner les plus malheureux à la double peine : orphelins par la fatalité de la vie, vous en ferez des parias… Et vous pouvez tenter toutes les rééducations du monde, vous n’y changerez rien car la nature déchue de l’homme est ainsi… Là encore la gauche est dans le déni du réel…

            Voilà pour le mariage pour tous. Je voulais le dire car - quoi que veuillent nous faire croire les idéologues de tout poil – l’affaire n’est pas tranchée : le Sénat n’a pas parlé ; le Conseil Constitutionnel n’a pas parlé ; et tenez-vous le pour dit : la rue n’a pas fini de parler… Pour ma part je suis allé une première fois à Paris, je suis allé à Lille, je suis retourné à Paris, s’il le faut je reviendrai… Et il y en a de plus motivés que moi.


            Justement, venons-en à cette Manif pour tous et à ses « débordements »… Là encore, on est dans le déni du réel. La gauche ment et, pire, se ment à elle-même.

            La Manif pour tous demandait les Champs Elysées. Symbole mondialement connu. Le risque ne pouvait être couru par ces hommes qui se nourrissent et nous gavent d’images soigneusement millimétrées… On nous a donc accordé dans un moment d’égarement la bien-nommée (mais ils ignoraient encore pourquoi) Avenue de la Grande Armée…


             Il faut le dire, nous étions exaspérés.



            Entendons-nous bien : un gouvernement, fort de sa légitimité démocratique, est en droit de ne pas écouter la foule, cela peut être une marque de caractère, une façon d’affirmer son attachement à de hautes valeurs… Jean-Pierre Raffarin l’a dit en son temps : ce n’est pas la rue qui gouverne. Oui, mais alors on résiste, on ne méprise pas, on ne tient pas pour quantité négligeable… On ne fait pas le coup des 300 000 devant une foule approchant le million le 13 janvier. On résiste mais on ne rejette pas avec des arguties pitoyables 700 000 signataires d’une pétition au CESE… Que faire face à des idéologues autistes ? Exaspérés ou pas, va quand même pour la Grande Armée, parce que nous sommes légalistes, parce que  le nom est beau et parce que l’Arc de Triomphe est au bout. Et voilà que la veille même les services de police annoncent 100 000 personnes ! Comptés avant d’être venus ! Histoire de faire comprendre aux hésitants que ce n’est pas la peine d’affronter le froid pour un ridicule baroud d’honneur… Mensonge ? Même pas, déni du réel. Ils n’avaient pas voulu voir.


            A treize heures trente -avant le début de la manifestation donc- je suis arrivé avec un groupe de l’Audomarois Porte Maillot et nous nous sommes arrêtés avant même d'avoir défilé : l’Avenue de la Grande Armée était pleine. Pas une place pour s’asseoir ! Et la foule bleue, la foule blanche, la foule rose arrivait encore et encore, débordait sur les avenues adjacentes. Le voilà le débordement. La faute en est à un ministre qui n’a pas voulu voir, à des services qui, peut-être, n’ont pas osé dire, ainsi qu’il arrive aux petits tyranneaux comme en leur temps aux grands tyrans… Si gouverner c’est prévoir, alors, hier, personne ne gouvernait… On ne peut gouverner dans le déni du réel… Ils attendaient cent mille manifestants, ils en eurent un million quatre cent mille...


            Etonnés, nous entendions les appels répétés des organisateurs, d’un ancien premier ministre même, à ne plus avancer, à respecter la légalité… Mais la foule –innocente- pressait, ignorante de ce qui se passait… Et hier soir en rentrant chez nous, nous avons su, nous avons vu les images (accès libre sur le salon beige): vieillards et enfants gazés par un service d’ordre débordé par l’impéritie de ceux qui devraient gouverner. Voilà le vrai débordement : une police, une gendarmerie débordées par l’incompétence de ses petits grands chefs, incapables de voir la réalité : déni du réel !



            Alors, pour mieux enfumer le peuple de France, Valls a tout mélangé, justifiant par quelques excursions anecdotiques de fin de manif sur les Champs Elysées le gazage des familles quelques heures auparavant… Attitude qui a choqué jusqu’aux Etats-Unis si j’en crois RTL.



             Mensonges, déni du réel encore et toujours.


            Quels débordements en définitive ?

            Zéro policiers blessés.

            Zéro vitrine brisée.


            Zéro voiture brulée.


            Mais des enfants, des femmes, des vieillards gazés…

            Le tapage joyeux des familles ne devait pas réveiller la sieste d’un François Hollande assoupi dans sa suffisance et son insuffisance…


            Alors, François, souviens-toi : refuser de voir le réel, adopter la posture de l’autruche, c’est le meilleur moyen de ne pas voir venir le coup de pied au cul…

  

Hubert Houliez

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