"La Parole de Dieu est l’âme et le fondement de toute la pastorale"; les conclusions du synode pour le Moyen-Orient.

Publié le par L'oiseau sur la branche

    

      Le synode pour le Moyen Orient s’est achevé dimanche 24. L'assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient a finalement voté un certain nombre de propositions qui serviront de base à l’exhortation apostolique que rédigera Benoît XVI.

 

 

casmoussa archevêque de Mossoul 

Mgr Casmoussa, archevêque de Mossoul en Irak

 

 

     Voici les points qui m’ont particulièrement marqué:

 

La Bible, âme et fondement de la pastorale :

 

     Au cours des débats, les Pères ont souligné la fragilité des communautés chrétiennes du Moyen-Orient, chrétiennes par tradition familiale plus que par une adhésion personnelle au Christ. Pour corriger cela, ils ont appelé à un effort renouvelé de formation. Au premier rang : la lecture de la Bible, il y a tout lieu de se réjouir d’une telle insistance :


     « La Parole de Dieu est l’âme et le fondement de toute la pastorale, on souhaite que chaque famille ait une Bible.

     Les Pères du Synode encouragent la lecture et la méditation quotidienne de la Parole de Dieu, […]

Ils encouragent aussi les diocèses et les paroisses à promouvoir des sessions bibliques où l’on médite et explique la Parole de Dieu afin de répondre aux questions des fidèles, en vue de créer chez eux une familiarité avec les Écritures, un approfondissement de la spiritualité et un engagement à l’apostolat et à la mission. […]
     Les Pères synodaux recommandent de travailler pour mettre l’Écriture Sainte avec ses deux Testaments, au centre de notre vie chrétienne, et cela par l’encouragement de son annonce, sa lecture, sa méditation, son interprétation christocentrique et sa célébration liturgique, à l’exemple de la première communauté chrétienne. » (Proposition 2 et 3)

 

Le partage de la croix du Christ :

 

     « Tout en dénonçant, comme tout homme, la persécution et la violence, le chrétien se rappelle qu’être chrétien comporte le partage de la croix du Christ. Le disciple n’est pas plus grand que son maître (cf. Mt 10, 24). Il se rappelle la béatitude des persécutés pour la justice qui auront le Royaume en héritage (cf. Mt 5, 10). […]
Il faudra attirer l’attention du monde entier sur la situation dramatique de certaines communautés chrétiennes au Moyen-Orient, qui souffrent de toutes sortes de difficultés, allant parfois jusqu’au martyre»(proposition 5).

 

     Voilà peut-être ce qu’ont à nous apporter de plus précieux les chrétiens vivant sous la tutelle de l’Islam : le rappel que la croix fait partie de la vie du chrétien et que c’est par elle que nous nous conformons au Christ. Reconnaissons que nos croix sont moins lourdes que les leurs… Nous avons tous à ajuster nos consciences aux exigences de l’amour du Christ et c’est parfois crucifiant mais chez nous le martyre n’est pas au programme. A une heure d’avion de chez nous, il l’est.

 

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Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem

 

Relations avec l’islam:

 

     Au sujet de l'Islam, on notera que les formulations les plus discutables relevées dans un précédent article n’ont pas été retenues :


     « La Déclaration Nostra aetate du Concile Vatican II, de même que les lettres pastorales des Patriarches catholiques d'Orient, posent aussi le fondement des rapports de l’Église catholique avec les musulmans. Le Pape Benoît XVI a déclaré : « Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C'est en effet une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir » (Benoît XVI, Rencontre avec des représentants de communautés musulmanes, Cologne, 20.08.2005).

     Au Moyen-Orient, les chrétiens partagent avec les musulmans la même vie et le même destin. Ils édifient ensemble la société. Il est important de promouvoir la notion de citoyenneté, la dignité de la personne humaine, l’égalité des droits et des devoirs et la liberté religieuse comprenant la liberté du culte et la liberté de conscience.
     Les chrétiens du Moyen-Orient sont appelés à poursuivre le dialogue de vie fructueux avec les musulmans. Ils veilleront à avoir, à leur égard, un regard d’estime et d’amour, mettant de côté tout préjugé négatif. Ensemble, ils sont invités à découvrir leurs valeurs religieuses respectives. Ils offriront ainsi au monde l’image d’une rencontre positive et d’une collaboration fructueuse entre les croyants de ces religions, s’opposant ensemble à tout genre de fondamentalisme et de violence au nom de la religion » (proposition 42).

 

     Si on peut se réjouir de ne pas voir reprise la référence aux cinq piliers de l’islam, il est néanmoins fait référence à Nostra aetate qui comporte un certain nombre de formules ambiguës concernant la valeur des religions non chrétiennes. La fin du passage ne manque pas de piquant : lorsque la liberté religieuse est aussi massivement bafouée que dans le monde musulman, exhorter les chrétiens à découvrir les valeurs religieuses de l’Islam marque chez les évêques du Moyen-Orient une belle ouverture d’esprit. Une expression consacré s’applique bien ici : celle de « vœux pieux ».

 

       

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Ignace-Joseph III, patriarche des syro-catholiques.

Publié dans Actualité

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